La politique gouvernementale UMP et l'agriculture
Des orientations nouvelles pour l’agriculture sont nécessaires
Les situations de crise se multiplient dans les productions agricoles. Les prix s’effondrent.
Selon l’INSEE, en juillet 2010, l’indice général des prix des produits agricoles a baissé de 15,6% en un an. C’est une moyenne qui cache de grandes différences, liées à la volatilité des cours.
Pour le lait, la baisse est de 24,4%. Pour les fruits (-34%) et les légumes (-19%), ce n’est pas mieux et, pour les porcs (-8%), c’était déjà mauvais il y a un an. Les prix des céréales sont en baisse, la production étant en augmentation cette année. Ce sont donc presque toutes les productions qui sont touchées par la baisse des prix.
L’union européenne a choisi de faire jouer la concurrence et d’aller vers la suppression des mesures de régulation des marchés.
- Les producteurs français de fruits et légumes sont en concurrence avec leurs collègues européens, dont les législations sociales du travail et leurs modalités d’application sont moins favorables aux salariés qu’en France (par exemple, l’Allemagne, sans salaire
minimum dans l’agroalimentaire).
- Les producteurs de porcs sont placés dans un environnement européen libéral qui laisse se développer des usines de fabrication de porcs à base de capitaux extérieurs à l’agriculture dans certains pays (la concurrence entre bassins de production est sauvage).
- La dérégulation est à l’œuvre aussi dans la filière laitière, qui bénéficie du système des quotas depuis 1984, mais les gouvernements ont décidé de les supprimer à partir de 2015 et, en attendant, d’accroître la production autorisée de 1% par an, au moment où la surproduction fait baisser les prix.
Plus encore, la politique d’achat des surplus agricoles va être totalement dévoyée. En destinant ces surplus à une remise sur le marché lors d’une meilleure conjoncture, la commission européenne respecte certes le dogme libéral. Elle va surtout interdire à jamais un retour des agriculteurs à des prix décents en pesant sur les prix.
Les producteurs de lait ont été les premiers à réagir en organisant la grève des livraisons aux industriels laitiers, au niveau européen, afin d’obtenir des pouvoirs publics une réorientation de la politique agricole européenne conduisant à des prix suffisamment rémunérateurs (régulation souple de l’offre en fonction du marché). A plus long terme, leur objectif est de maintenir, durablement, une bonne couverture géographique de la production et de l’industrie laitières en Europe.
Ils n’ont rien obtenu concernant les mesures concrètes pour faire remonter les prix du lait à la production.
La Commissaire européenne à l’agriculture, Mme Fischer Boel est le symbole même de la politique de l’Union européenne de désengagement des pouvoirs publics du secteur agricole, qui a conduit à une extrême volatilité des prix et des revenus agricoles.
Il est de la responsabilité des Etats de proposer à ce poste une personnalité favorable à une politique européenne de régulation et de maîtrise de l’offre de produits agricoles en fonction de la demande.
L’intervention publique est indispensable pour arbitrer entre les intérêts des différents acteurs de la filière (producteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs). Depuis le début de la crise, les producteurs et les consommateurs ont été pénalisés par des prises de marges excessives, variables selon les produits, de la part des industriels et des centrales d’achat liées à la grande distribution.
La puissance publique doit aussi changer les règles de distribution. L’achat par la grande distribution, du litre de lait à 25ct quand le coût de production est supérieur à 30 ct est évidemment intolérable. Mais cet écart devient insupportable quand on considère le prix de vente au public à plus d’un euro.
La grande distribution ne peut avoir le droit de sacrifier les agriculteurs à l’augmentation de ses marges.
L’agriculture a des caractéristiques propres qui nécessitent un traitement particulier de ses producteurs, dont les produits sont essentiels à l’alimentation humaine.
Si le processus libéral initié par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) devait se poursuivre et si les décisions prises en novembre 2008, à l’occasion du « bilan de santé de la PAC », étaient confirmées, on irait tout droit vers le démantèlement de la Politique Agricole Commune (PAC), ce qui est inacceptable. Il faut une réorientation de la PAC en lui fixant un objectif prioritaire : la sécurité alimentaire, ce qui implique de vérifier la nécessité des importations, comme le font les grands pays asiatiques.
Ce qui implique aussi la nécessité du maintien des moyens des services de l’Etat pour conduire une politique agricole digne de ce nom. En effet, au travers de la RGPP, on assiste à la destruction préjudiciable des services du ministère de l’agriculture.
Le gouvernement UMP méprise son agriculture et ses agriculteurs par la politique qu'il conduit
La gauche fait des réelles propositions, allez les consulter avec les " 25 propositions pour une révolution agricole et alimentaire."
Pierre Rousseau