L'école : notre avenir
Le redressement de l’Ecole ne se réduit pas à une question de moyens. Il faut allier à la priorité budgétaire une claire orientation pour faire le pari de la qualité sur l’ensemble des établissements scolaires et mettre l’accent sur l’exigence, le travail et la solidité des connaissances transmises et acquises par les élèves.
Mais les actes gouvernementaux répétés, pour faire des économies budgétaires à n’importe quelles conditions et réduire systématiquement le nombre de fonctionnaires, sont aujourd’hui dangereux pour l’avenir de l’Ecole publique.
Après avoir supprimé plus de 40 000 postes ces trois dernières années, le Ministre Luc Chatel, dans un courrier aux recteurs envisage « 13 leviers » pour supprimer des postes : 16 000 postes environ sont visés cette année.
Les académies sont chargées d’augmenter la taille des classes. Dans les collèges et les lycées en prévoyant une moyenne de 30 élèves par classe, alors même que les réformes ministérielles préconisent l’individualisation de l’enseignement.
Dans l’enseignement primaire, il est recommandé d’élever d’un élève en moyenne la taille des classes, de supprimer davantage de postes d’instituteurs spécialisés et psychologues scolaires dans les RASED qui sont pourtant chargés de soutenir les élèves en grande difficulté, et enfin de se passer des assistants étrangers de langues.
L‘ensemble de l’école primaire va encore plus se dégrader après la réforme Darcos qui a supprimé le samedi matin et réduit le nombre d’heures enseignées.
L’école maternelle est tout particulièrement visée puisque le ministre envisage d’accélérer sa politique deréduction drastique de la scolarisation des moins de trois ans, passée de 35% en 2000 à 15% aujourd’hui. Nous savons pourtant que cette scolarisation à deux ans est bénéfique, en particulier pour les enfants de milieux défavorisés.
Avec de telles intentions, le malaise de l’Ecole publique ne pourra ques’accentuer. L’intérêt des élèves est complètement bafoué.
La gauche se doit d’agir pour que soit développé et concilié les efforts en faveur de la quantité et de la qualité dans l’esprit de Paul Langevin qui affirmait : « l’Ecole doit assurer la promotion de tous et la sélection démocratique des meilleurs ».
Pierre Rousseau